Zanzibar est un archipel situé à une trentaine de kilomètres au large des côtes de la Tanzanie continentale. Longtemps surnommée l’« île aux épices », la région doit sa renommée à ses plantations de clous de girofle, de cannelle, de noix de muscade ou encore de poivre noir, mais aussi à ses plages spectaculaires où l’eau décline tous les tons de bleu. L’île principale, Unguja (que l’on appelle couramment Zanzibar), concentre la majorité de la population, des hôtels et des sites historiques, tandis que Pemba et les îlots voisins offrent une ambiance plus confidentielle et sauvage, prisée des plongeurs et des voyageurs en quête de tranquillité.
Au centre de cet ensemble, Stone Town joue le rôle de carte de visite culturelle. Ses ruelles étroites, parfois à peine assez larges pour laisser passer un vélo, s’enchevêtrent entre maisons de corail, balcons en bois et portes en teck finement sculptées. On y croise des mosquées anciennes, quelques églises, de petits temples, des palais en bord de mer et des marchés animés où se mélangent parfums d’épices, de fruits tropicaux et de poissons fraîchement débarqués. L’architecture témoigne de siècles d’échanges entre marchands arabes, africains, indiens et européens, donnant à la ville une atmosphère unique sur la côte swahilie.
Aujourd’hui, Zanzibar attire des profils très variés : voyageurs en lune de miel, kitesurfeurs, amateurs de snorkeling, familles en quête de soleil hivernal, combinant parfois l’archipel avec un safari dans les grands parcs tanzaniens. Le climat chaud toute l’année, la possibilité de séjourner dans de petites guesthouses simples comme dans des resorts très haut de gamme et la richesse culturelle du lieu en font une destination complète, qui peut se vivre aussi bien en version balnéaire pure qu’en voyage d’exploration plus approfondi.
L’histoire de Zanzibar est intimement liée aux routes maritimes qui reliaient depuis des siècles l’Afrique de l’Est, la péninsule Arabique, l’Inde et au-delà. Les premiers établissements côtiers prospèrent grâce au commerce de l’ivoire, des épices, des tissus et, plus sombrement, des esclaves. L’influence omanaise marque durablement l’archipel : Zanzibar devient au XIXe siècle un important sultanat, centre politique et économique de la région, avant de passer progressivement sous influence britannique, puis de s’unir à la Tanganyika pour former la Tanzanie moderne. De cette histoire mouvementée subsistent des forts, des maisons patriciennes, des anciens comptoirs et de nombreux témoignages du commerce des esclaves, comme l’ancien marché aux esclaves de Stone Town. Cette succession de périodes a façonné une identité swahilie très affirmée, où la langue, la musique et la cuisine portent un fort métissage. Le swahili, langue bantoue enrichie de nombreux emprunts arabes, se parle dans les rues, tandis que l’anglais est couramment utilisé dans l’hôtellerie et le tourisme. Les appels à la prière rythment la journée, sans empêcher les terrasses de cafés et les échoppes de rester animées jusqu’à tard le soir. Pour le visiteur, se promener à Zanzibar, c’est passer en peu de temps d’une maison de marchands arabes à une cathédrale anglicane, puis à un marché d’épices ou à un vieux cinéma à la façade décrépite.
Au-delà de Stone Town, l’archipel est surtout connu pour ses plages de carte postale. Au nord, les villages de Nungwi et Kendwa alignent des bandes de sable blanc baignées par une mer turquoise, pratiquement sans marée, ce qui permet de se baigner à toute heure. Sur la côte est, des villages comme Paje, Jambiani ou Matemwe offrent une ambiance plus tranquille, rythmée par les marées et les allers-retours des boutres et des pêcheurs. Paje est devenue l’un des spots de kitesurf les plus réputés de l’océan Indien, grâce à ses alizés réguliers et à son lagon peu profond, idéal pour apprendre. Les amoureux de nature trouvent également leur bonheur dans la réserve de Jozani, connue pour ses forêts de palétuviers et surtout pour le colobe rouge de Zanzibar, un singe endémique reconnaissable à sa fourrure rousse. Des excursions en bateau permettent de rejoindre des bancs de sable au large, comme Nakupenda, des îlots inhabités ou encore les zones de récifs proches de l’île privée de Mnemba, très appréciées des plongeurs et snorkeleurs pour la clarté de l’eau et la richesse de la faune marine. Entre dauphins, tortues, poissons tropicaux et jardins de coraux, les fonds marins complètent naturellement les paysages idylliques de la surface.
Impossible d’évoquer Zanzibar sans parler de ses épices. De nombreuses fermes ouvrent leurs plantations aux visiteurs, proposant des parcours où l’on découvre le clou de girofle sur l’arbre, la vanille, la cardamome, la cannelle ou encore le poivre grimpant sur ses tuteurs. Ces visites se terminent souvent par une dégustation de fruits tropicaux et d’infusions parfumées, qui permettent de comprendre pourquoi l’archipel a été pendant longtemps un maillon central du commerce des épices dans l’océan Indien. Les marchés de Stone Town, eux, offrent l’autre versant de cette culture, avec leurs étals colorés et leurs sacs d’épices, souvent vendues en petits mélanges prêts à l’emploi. La cuisine zanzibarie reflète ce mélange d’influences et s’appuie sur le poisson, les fruits de mer, le lait de coco, le riz et les épices. On peut y déguster du poulpe grillé sur la plage, un pilau parfumé, des brochettes épicées ou des currys doux. Le soir, les jardins de Forodhani à Stone Town se transforment en grand marché de street food au bord de l’eau, où habitants et voyageurs se retrouvent autour de jus de canne à sucre, de pizzas zanzibarites et d’assiettes généreuses. Le rythme de la vie locale reste globalement paisible : on prend le temps de discuter, de négocier, de boire un café ou un thé massala à l’ombre, en laissant la chaleur retomber.
Zanzibar se combine facilement avec un safari en Tanzanie ou s’apprécie seul comme séjour balnéaire. L’aéroport international, situé près de Zanzibar City, accueille des vols régionaux et des liaisons en provenance de plusieurs grandes villes africaines, du Moyen-Orient et parfois d’Europe via des correspondances. De nombreux voyageurs rejoignent l’archipel après un passage à Dar es-Salaam ou sur un autre aéroport tanzanien. Un passeport en cours de validité est indispensable et, selon la nationalité, un visa ou un e-visa pour la Tanzanie peut être requis ; il est conseillé de vérifier les conditions d’entrée et les recommandations sanitaires avant le départ. Sur place, il est possible de se déplacer en taxi, en minibus privés organisés par les hôtels ou via les dala-dala, ces minibus locaux très économiques mais peu confortables. La location de voiture avec chauffeur est une option appréciée pour explorer différentes zones de l’île sans stress de conduite à gauche. Côté hébergement, l’offre va de la petite guesthouse familiale au bord de la plage au resort ultra-chic avec villas et piscines privées. En choisissant une première nuit à Stone Town, puis quelques jours sur la côte nord ou est, on profite à la fois de la dimension culturelle et du farniente balnéaire, pour un voyage qui reste à taille humaine tout en offrant un vrai dépaysement.
1. Quelle est la meilleure période pour visiter Zanzibar ? Les mois les plus appréciés vont en général de juin à octobre et de la mi-décembre à février, lorsque la météo est ensoleillée et que les pluies sont moins fréquentes. En intersaison, les prix peuvent être plus doux, avec quelques averses mais une ambiance plus calme. 2. Combien de temps prévoir pour découvrir l’archipel ? Un séjour d’une semaine permet de combiner Stone Town et une ou deux zones de plage différentes. Avec 10 à 12 jours, on peut ajouter des excursions plus complètes (forêt de Jozani, sortie en mer, île de Pemba, bancs de sable) et prendre le temps de vraiment ralentir. 3. Zanzibar est-il adapté à un voyage en famille ? Oui, de nombreux hôtels accueillent très bien les familles, les plages sont souvent peu profondes et les activités accessibles (balades en bateau, observation des dauphins, visites de plantations). Il reste toutefois important de tenir compte du soleil, de la chaleur et des temps de transport. 4. Faut-il savoir bien nager pour profiter de Zanzibar ? Savoir nager permet de profiter pleinement du snorkeling et des sorties en mer, mais de nombreuses plages disposent de zones peu profondes et abritées. Des gilets de flottabilité sont souvent proposés lors des excursions, et il est recommandé de respecter les consignes des guides locaux. 5. Quelles sont les principales formalités avant de partir ? Les voyageurs doivent disposer d’un passeport valide et, selon leur nationalité, d’un visa ou e-visa pour la Tanzanie. Il est conseillé de se renseigner en amont auprès des autorités compétentes sur les conditions d’entrée, les éventuelles assurances obligatoires et les recommandations de vaccination.
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